jeudi 2 juillet 2009

Changements climatiques:L’Algérie obligée d’acheter des quotas de pollution ?

Il faut être spécialiste pointu de la question des changements climatiques pour ne pas s’étonner devant l’information donnée par le P-DG d’Air Algérie. Cette compagnie est concernée par la directive européenne qui plafonne les émissions de CO2 pour tous les avions au départ ou à destination d'aéroports européens.
Cette directive autorise les compagnies aériennes à échanger leur surplus de «crédits de pollution» sur le «marché européen du carbone» à compter du 1er janvier 2012. Autrement dit, les compagnies aériennes qui dépasseraient leurs quotas d’émission doivent en acheter sur le marché européen du carbone. On pensait que l’Algérie, non impliquée par les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre contenus dans le protocole de Kyoto, ne pouvait que vendre sur ce marché et non pas acheter.
L’Union européenne a décidé que les émissions de CO2 des avions devront être limitées en 2012 sur le territoire européen à 97% de leur niveau de 2005 puis à 95% de ce niveau sur la période 2013-2020.
Naturellement, cette directive qui était en gestation depuis quelques années, plus précisément septembre 2005, ne plaît pas aux transporteurs aériens. En 2007, en prévision de cette directive, l'assemblée de l'OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) avait débattu des «mesures à prendre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de l'industrie aérienne qui devrait accroître de 4,6 % annuellement d'ici 2025».
D'après l’OACI, «le secteur aérien représente 2% des émissions totales de GES et devrait passer à 3% en 2050». Ces émissions, tient à rappeler l’OACI, «ne sont pas comptabilisées dans les bilans de réduction de gaz à effet de serre des pays industrialisés en vertu du protocole de Kyoto». Mais, visiblement, l’OACI n’a pas réussi à infléchir la volonté de la Commission européenne. Celle-ci a réussi à intégrer les compagnies aériennes dans le système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre (SCEQE). De ce fait, l'impact du système pourrait être limité de 75%, selon certaines études. Pour faire face à cette nouvelle obligation, les compagnies aériennes pourront avoir recours au commerce de quotas d'émissions, mais également améliorer les normes techniques.
D’autres «ficelles» sont recommandées par le PNUE (Programme des nations unies pour l’environnement). «Par exemple, lit-on dans un de ses documents, des études montrent que si tous les passagers aériens voyageaient avec moins de 20 kg de bagages et qu'ils achetaient le reste de leurs articles dans une boutique hors-taxe, à leur arrivée, cela réduirait les émissions mondiales de gaz à effet de serre de deux millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) chaque année».
Autres arguments donnés par le PNUE : un seul vol transatlantique aller-retour rejette autant de gaz qu'une auto pendant une année ; sur de courtes distances, les voyages aériens produisent environ trois fois plus de CO2 par passager que le train. En général, les avions engendrent de 2 à 3% des émissions planétaires de gaz à effet de serre.
Il faut savoir que dans le cadre de leur contribution à la protection de l’environnement, en particulier la lutte contre les changements climatiques, des organismes privés ou gouvernementaux européens recommandent à leur personnel l’utilisation du train au lieu de l’avion. Le mardi 13 mai 2009, à l’hôtel Aurassi, le bureau du conseil d'administration du PNUE s’est réuni en vidéo conférence avec des personnes qui se trouvaient à Alger, à Nairobi, Belgrade et New York. Cette réunion était importante, elle a eu pour but d'étudier les résultats, le suivi et la mise en œuvre des décisions adoptées par la 25e session du conseil d'administration du PNUE/Forum ministériel mondial qui s'est déroulé du 16 au 20 février 2009 à Nairobi. La présence de l'Algérie était indispensable, elle est vice-présidente de ce conseil d'administration. Pourtant, tout ce beau monde – ministres et experts – n’a pas eu besoin de prendre l’avion et faire un long voyage pour discuter et décider. La vidéo conférence a suppléé parfaitement au déplacement. C’est une façon d’éviter des émissions de gaz à effet de serre. Est-ce que la quantité de GES épargnée par les officiels algériens durant cette vidéo conférence a été quantifiée ?
Peut-on la «monnayer» au profit d’Air Algérie qui est, au moins pour une partie des trajets, le transporteur des délégations officielles ? Ce qui est sûr, c’est que, quelque part, dans les rouages de l’Etat algérien, quelqu’un a dû se réjouir de l’économie en devises faites par le pays grâce à la vidéo conférence. Un exemple à encourager.
M’hamed Rebah
http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=78081&idc=51&date_insert=20090702

mercredi 17 juin 2009

L’eau de la cascade de Kefrida polluée


L’avenir de la cascade de Kefrida, l’un des sites touristiques les plus attrayants de la wilaya de Béjaïa, risque d’être compromis si des mesures urgentes ne sont pas prises pour sa sauvegarde, à se fier aux propos de M. Boudjit, président de l’APC de Taskeriout. À défaut de réalisation d’un réseau d’assainissement pour les villages Kefrida, Tighzert et Taghzout qui surplombent cette cascade, des quantités importantes d’eaux usées se déversent dans la nature au point qu’ils ont pollué l’eau qui alimente cette cascade. « La contamination des eaux de la cascade a été vérifiée l’année passée. Le laboratoire spécialisé qui a analysé cette eau a suggéré d’y interdire la baignade. Pour cette année, nous attendons avec impatience les résultats des analyses qui sont en cours et je ne pense pas qu’elles puissent être différentes de celles de l’année passée car la cause de cette contamination demeure » nous explique M. Boudjit.

Pourtant, d’après lui, une étude a été effectuée par l’APC pour un projet d’évacuation des eaux usées que dégagent les villages sus cités, et dont le coût de réalisation a été estimé à plus de 50 millions de dinars. Soit un coût dont l’importance est justifiée par le fait que cette opération nécessite, d’après l’étude, la réalisation d’une conduite de plus de 6 km. « L’étude a été effectuée et envoyée en 2006 par nos soins aux instances concernées, à savoir la wilaya et la direction de l’hydraulique, sans qu’une suite favorable ne lui soit accordée, en dépit de la gravité du problème » nous dit le P/APC. Il importe de signaler aussi que les eaux usées rejetées par les localités qui constituent le village Aït Idris, situé à l’est des villages sus cités et dont la population est plus dense que celle de ces derniers, contaminent elles aussi la partie basse de la cascade et cela malgré le raccordement des localités en question au réseau d’assainissement. Ce fait est dû à l’absence d’un bassin de décantation pouvant traiter ces rejets avant de les évacuer plus loin, afin d’éviter toute contamination de la cascade.

Outre ce problème, le couvert végétal qui entoure et embellit cette cascade se trouvant à l’intérieur d’une forêt, aux abords de la RN 9, subit ces derniers temps une dégradation de la part des riverains. D’après le P/APC, la conservation des forêts accorde des bons d’exploitation à des particuliers afin de défricher des parcelles au sein de la forêt pour servir au jardinage. « J’ai écris aux services concernés pour leur signifier ma colère et mon opposition au renouvellement de ces bons d’exploitation. A ma surprise, ils m’ont signifié que le renouvellement ou non de ces bons ne relève pas de mes prérogatives » témoigne le maire. Par ailleurs, pour rendre le site accueillant, un budget de 1 million de dinars a été dégagé par l’APW, pour son aménagement. Les travaux consistent en l’aménagement de parkings et la réalisation de l’éclairage public ainsi que le recrutement d’agents pour assurer la sécurité des lieux aux côtés des éléments de la gendarmerie.

Un site « défiguré »

La cascade de Kefrida n’a jamais cessé de fasciner ceux qui viennent la visiter ou se baigner dans ses eaux. Elle est ces jours-ci bondée de monde. Ce site n’a pas eu, cependant, tout l’égard qui sied à son importance à voir les ravages que subit la forêt qui l’abrite. L’extension du village d’Aït Idris qui s’effectue au détriment de la forêt participe à la destruction du patrimoine forestier. En outre, à chaque grande affluence de touristes, les jeunes chômeurs de cette région dressent pendant tout l’été des baraques aux alentours de cette cascade pour se livrer à tout genre de commerce. Si ces commerces d’été permettent ainsi d’atténuer un tant soit peu le chômage qui sévit dans cette région, l’anarchie dans laquelle ils se tiennent défigure le site. « Il est temps que les autorités, ainsi que les services concernés par la préservation du patrimoine touristique de la wilaya, prennent les mesures nécessaires pour sauvegarder la beauté de ce site naturel » nous déclare un jeune de la région.

Par Akli Malek
Source:http://www.elwatan.com/L-eau-de-la-cascade-de-Kefrida

mercredi 20 mai 2009

IMMINENCE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES:Et si les religions prêchaient aussi l’écologie?


«Trois choses influent sur l´esprit des hommes: le climat, le gouvernement et la religion.» (Voltaire)
En ces temps de crise environnementale où différents rapports d´experts, incluant chimistes, biologistes, climatologues, météorologues, océanologues, glaciologues, expliquent les raisons mécaniques du réchauffement global, où économistes et politiciens tentent de pallier tant bien que mal cette problématique, qu´est-ce que les religions ont à dire à l´écologique? Conçoivent-elles la Terre comme un objet profane?(1) Les religions se présentent aujourd´hui comme de précieux alliés devant contribuer à un urgent "réenchantement du monde". Un monde bien abimé si l´on croit les scientifiques du groupement des Nations unies sur le Climat (Giec). Dans leur dernier rapport, ils nous promettent que d´ici la fin de ce siècle, c´est-à-dire à l´échelle de nos petits-enfants et arrière-petits-enfants, les températures augmenteront de 1,8°C à 4°C et que le niveau des mers s´élèvera de 28cm à 43cm. Les choses sont ainsi résumées: le climat à Paris sera celui actuel de Bordeaux. Celui d´Alger sera celui de Ghardaïa "Autant dire que la question du réchauffement climatique n´est plus une simple question annexe mais une question vitale pour nos descendants. Notre seule chance raisonnable d´éviter un réchauffement important est d´abandonner rapidement les combustibles fossiles. Nous ne devons pas oublier qu´un réchauffement de plus de 2 degrés nous entraînerait bien au-delà des variations naturelles de températures que notre planète a subies depuis que l´homme existe."(2)


Notre mère la Terre
La religion judéo-chrétienne considère l´être humain comme gardien et non dominateur Une éthique environnementale prescrit, chaque sept ans, une année sabbatique autant pour le sol que pour les êtres humains et les animaux. Ces derniers, créés et bénis par Dieu, selon le récit de la Genèse, méritent le respect. "Le juste prend soin de la vie de ses bêtes" stipule le livre des Proverbes (12, 10). Jésus était vert. Il a vécu en contact permanent avec les éléments de la nature. Il s´en est servi pour alimenter ses paraboles.(1)
La religion juive a institué plusieurs fêtes liturgiques en lien avec la préservation de la nature comme la " Tou Bichbat " (Nouvel An des arbres) durant laquelle un arbre est planté en action de grâce pour la beauté de la nature et le cadeau de la vie. La nature y est considérée comme un interlocuteur qui renvoie l´être humain à Dieu. Le Talmud fait de chacun d´entre-nous des " partenaires de Dieu " dans la création. Judaïsme est une religion qui place l´écologie, c´est-à-dire le souci permanent de la nature, au centre de ses préoccupations. Il n´y a qu´à voir nos fêtes basées sur les saisons et le respect de celles-ci. Alors face à l´urgence donnons une autre actualité à la fameuse sentence d´Hillel: " Si ce n´est maintenant, quand? " A nous d´agir, et vite, pour que la terre que nous confierons à nos enfants démente les prédictions des scientifiques.(3)
La fameuse phrase de la Genèse 1,28 traduite dans la Bible Segond par: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et assujettissez-la; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre, est pour les exégèses à interpréter différemment. La Torah interdit également les mélanges d´espèces, les modifications génétiques, autant animales que végétales; elle exige la mise en jachère de la terre, tous les sept ans, notamment pour rappeler que seul l´Eternel est propriétaire de la terre, et aussi pour prévenir les risques de l´agriculture intensive.(4)
L´hindouisme respecte toutes les créatures végétales et animales. Selon les Védas, la vie devient douce pour celui qui vit en accord avec la loi du cosmos. L´écart de cette loi (Dharma) entraîne un désordre universel. Un proverbe hindou stipule: " La Terre est notre Mère, nous sommes tous ses enfants. " Les Sikhs s´abstiennent de viande par respect pour Atman (le souffle divin) qui réside dans la vie animale, d´où leur forte tendance au végétarisme.(1)
Le bouddhisme est essentiellement écologique et prône une attitude absolument respectueuse de toutes les formes de vie: arbres, animaux, êtres vivants. Il se situe aux antipodes de ceux qui font de l´être humain un possesseur et un exploiteur de la Terre. Selon la théorie de l´interdépendance, les conséquences de l´agir humain se répercutent sur ceux qui l´entourent et sur l´ensemble de l´environnement. Le dalaï-lama stipule: " Fondamentalement, chaque individu est responsable du bien-être de l´humanité et de la Terre parce que la Terre est notre seule demeure. " La spiritualité baha´ie, qui se veut la réunion de toutes les religions, enseigne à son tour l´interdépendance entre l´être humain et son environnement. L´un ne peut être séparé de l´autre. L´un influence, détermine, " façonne " l´autre Même les athées, dignement représentés par James Lovelock (médecin et ex-conseiller à la Nasa) qui a relancé la théorie de la Terre-Gaïa, estiment que notre planète est un organisme vivant qui s´autorégule. En ce troisième millénaire, entamé avec une sombre crise écologique à l´horizon, serions-nous prêts à réviser notre être-au-monde et notre relation avec la nature de laquelle nous dépendons?(1)
La religion musulmane considère la création comme un chef-d´oeuvre de beauté à respecter et à préserver. Le Coran enseigne que l´être humain en qui est insufflé l´esprit de Dieu (32,9) est le " lieutenant de Dieu sur la Terre " (2,30), son " vicaire ", le " prolongateur de sa création ", le " locataire de la Terre " (7,10). La Terre ne lui a été que concédée. Pour Dalil Boubekeur, l´Islam prône que dans chacune de ses actions l´homme se souvienne de Dieu. Aujourd´hui il semble avoir oublié ce principe dans son rapport à l´Environnement naturel.(5)
Coran 78-6: " N´avons-nous pas fait pour vous de la Terre un berceau, de la Nuit un vêtement, fait descendre une eau abondante pour faire croître des grains des plantes et des vergers luxuriants? " Coran 80-25: " C´est nous qui versons une eau abondante et faisons pousser les céréales, des vignobles et des légumes, des oliviers, des palmiers, des jardins touffus, des fruits et des herbages afin que vous en jouissiez vous et vos animaux..."Cette Nature belle et fragile est confiée à la sauvegarde de l´homme dont la survie dépend étroitement de l´Environnement minéral, animal ou végétal. De ce point de vue, l´Islam est une source inépuisable de sagesse et de réflexion qui, en méditant sur l´oeuvre de Dieu, puise des raisons de croire et d´espérer. Coran III-190: " En vérité dans la création des cieux et de la terre, dans l´alternance des nuits et du jour il y a des signes pour ceux qui sont doués d´intelligence! " Et: " Contemplez l´oeuvre de Dieu et glorifiez-le!"(5)
La vie de l´homme est déterminée par toutes les lois de la Nature. Dieu manifeste Sa Volonté par ces lois. En cela l´Environnement est sacré tout comme la vie est sacrée dans ses expressions animées ou inanimées car elles obéissent toutes aux mêmes règles immuables Coran 78-6: " N´avons-nous pas fait de la terre un berceau? "Coran (LXXVIII,6; XX,53) Respecter l´état de Nature c´est donc respecter l´ordre divin qui a agencé l´homme et son environnement de manière parfaite et mesurée. Il n´est pas sans risques ni périls de modifier le rapport de l´homme à son environnement car c´est de l´équilibre de cette interdépendance que l´humanité s´est perpétuée durant des millénaires, et qu´il importe de ne pas compromettre les chances de l´avenir de l´espèce humaine.(5)
La Nature obéit à des lois. L´homme qui la gère et la domine par sa raison a-t-il tous les Droits? Coran VII-45: "Ne faites pas nuisance à la terre alors qu´elle a été mise en ordre par Dieu." Devant les viols répétés de ce que l´on pourrait appeler les "Droits de la Nature" et de l´écologie le célèbre commandant L. Cousteau s´est inquiété de la survie de l´homme: "Sommes-nous en train d´assister au commencement de notre inéluctable génocide depuis le XXe siècle industriel?", interrogeait-t-il. (5)

Un devoir moral
Aux Etats-Unis même, des associations chrétiennes mènent campagne pour que le Congrès protège les plus pauvres face au réchauffement climatique. Religieux et militaires écrit Hélène Crié-Wiesner, les Américains viennent de sceller une union sacrée pour lutter contre les changements climatiques. " A mesure que monte le niveau des mers et que les rivières s´assèchent, les créatures divines appellent au secours. Refuser d´entendre cet appel aurait de graves conséquences. " Le changement climatique aura un impact terrible sur les pauvres. Il affectera notre sécurité nationale, notre prospérité économique, et l´avenir de nos enfants. Cependant, même si la partie semble mal engagée, la rédemption est toujours possible."
Cette campagne a été lancée pour s´assurer que le gouvernement protègera "en priorité les plus vulnérables de la société, chez nous et à l´étranger". Aux Etats-Unis, où l´affirmation des valeurs religieuses n´est ni plus de droite que de gauche, le député démocrate de Virginie Tom Perriello affirme: "S´occuper des questions climatiques n´est pas seulement important pour la sécurité nationale et la politique économique. C´est un devoir moral que de prendre soin de la création divine, et de veiller aux besoins de ceux qui contribuent le moins à ces changements climatiques."(6)
Le maître soufi Djalal al-Dîn Rûmi face à la création. Le soufisme, est habitué à traiter la création, l´univers et la nature non seulement comme un ensemble extérieur à l´être humain, mais aussi comme partie du monde intérieur de chacun. En ceci, il est très proche de mouvements mystiques très anciens de l´hindouisme et plus tardivement de principes bouddhiques. En tout cas, l´Homme parfait de l´idéal soufi est comme Ibn Arabi l´avait décrit: il réunit en lui la forme de Dieu et la forme de l´univers. Lui seul révèle l´essence divine avec tous ses noms et attributs. Il est le miroir par lequel Dieu est révélé à lui-même et, par là, la cause finale de la création. Dans ses Odes mystiques (Dîvan-E Shams-E Tabrîzi) Djalal al-Dîn Rûmi laisse sans cesse tourbillonner les mots, les allusions à la nature, aux étoiles, comme en témoignent quelques extraits: Ode 462: Je suis un droit cyprès, c´est là le signe de ma droiture; il n´est pas de meilleure image de la droiture que la taille du cyprès. L´agilité, la beauté, le rayonnement sont les témoins de la lune; l´éclat des étoiles, c´est la preuve et le témoin du ciel. O roses et roseraies!
Ghazal II: D´abord tu fus minéral, ensuite végétal, puis tu devins animal: comment serait-ce caché à tes yeux? Après cela tu devins homme, doué de connaissance, de raison et de foi. Vois comme est devenu un tout ce corps, qui est une partie de ce monde de poussière! Quand tu auras voyagé à partir de ta condition d´homme, sans nul doute, tu deviendras un ange. Quand tu en auras fini avec la terre, ta demeure sera le ciel. Dépasse le niveau de l´ange: pénètre dans cet océan, afin que ta goutte d´eau devienne une mer plus vaste que cent mers d´Omân. Renonce à cette notion de Fils, dis, de toute ton âme: "Dieu est Un."(4)
Khalil Gibran, poète libanais nous sensibilise de la même manière dans La voix du Maître: "Et j´ai entendu le ruisseau se lamenter comme une veuve pleurant son enfant mort, et j´ai demandé: Pourquoi pleures-tu, mon pur ruisseau? Et le ruisseau répondit: Parce que je suis contraint d´aller à la ville où l´Homme me méprise et me préfère des boissons plus fortes et fait de moi le réceptacle de ses déchets, souille ma pureté et change ma qualité en ordure. Et j´ai entendu les oiseaux se plaindre, et j´ai demandé: Pourquoi pleurez-vous, mes beaux oiseaux? Et l´un d´eux s´approcha, se percha au bout d´une branche et dit: Les enfants d´Adam viendront bientôt dans ce champ avec leurs armes mortelles et nous ferons la guerre, comme si nous étions leurs ennemis. Nous nous disons adieu, car nous ne savons pas lequel d´entre nous échappera à la rage de l´Homme. La Mort nous suit partout où nous allons. Je me suis demandé: Pourquoi l´Homme détruit-il ce que la Nature a construit? (4)
"Hans Küng et son " Parlement des religions " (Chicago 1995) proclamaient le désarroi des hommes de religion en ces termes: " Le monde est à l´agonie, une agonie générale et dramatique: la planète se détruit petit à petit, son écosystème est en péril; l´anarchie, la violence menacent nos sociétés. Nous devons respecter la communauté entière des êtres vivants: celle des humains, des animaux, et des plantes, et nous préoccuper de la sauvegarde de la planète, de son atmosphère du sol et de l´eau". (Fin de citation). L´écologie sous sa forme actuelle place la qualité de la vie au coeur de la préservation de l´avenir par le respect de l´environnement; il apparaît donc vital qu´une éthique de respect de notre environnement doive être installée et respectée. Il s´agit avant tout, de repenser les choix et les valeurs qui ne conduisent qu´au chaos. Quand l´homme spiritualisant ses rapports au monde et à son environnement traitera avec plus d´amour et de responsabilité une Nature éminemment fragile en ses équilibres, il apprendra d´abord à l´aimer réellement afin d´en user avec sagesse et raison, car, si l´environnement revêt un sens pour l´homme, l´existence de l´homme devra également revêtir tout son sens pour cet Environnement.(5)
Plus que jamais et comme l´écrit Jean Giono,- l´illustre écrivain du Chant du Monde, c´est le rapport de l´Homme au monde qui ne fonctionne plus et tout çà est à réinventer et à réenchanter. L´intelligence a failli, il faut retourner en-deçà. C´est peut-être un nouveau sacerdoce qui permettra aux religions et sagesses de sauver l´homme de ses tentations néfastes pour la nature avant de sauver son âme.

(*) Ecole nationale polytechnique


1.Bernard Anton, Plaidoyer pour la Terre et les Vivants http://www.buddhachannel.tv/portail/spip.php?article4828
2.http://www.notre-planete.info/actualites/lireactus.php?id=1973 4 052009
3.Gabriel Farhi
http://www.col.fr/article.php3?id_article=1218 Le Judaïsme est écolo... " 4 fevrier 2007
4.Lithia L´écologie dans la Torah et les traditions monothéistes
http://www.kabbale.be/index2. php?option=com_content&do_pdf=1&id=131. 01-01-2007
5.D.Boubekeur L´Islam et l´environnement Conférence G8 Trieste Italie 2 mars 2001
6.Hélène Crié-Wiesner Aux E U, les religieux se convertissent à l´écologie Rue 89 08/05/2009

Pr Chems Eddine CHITOUR (*)

jeudi 7 mai 2009

COMMENT DEVENIR ECO CITOYEN ?


Protéger l'environnement, ne doit pas consister essentiellement à prendre des mesures réglementaires, surtout en ce qui concerne le citoyen.

Le citoyen du monde est rentré dans une nouvelle ère ou la protection de l'environnement fait appel à son adhésion ou même à sa participation.

La participation du citoyen est simple et consiste essentiellement à :

- Un tri des ordures ménagères

- Au choix du mode de transports

- Au choix du mode de chauffage

- Par la consommation de produits écologiques

- Par la diminution des nuisances, sonores, pollution…

- Lutter contre le gaspillage de l'électricité et du gaz

- Au respect de la forêt

- Au respect de la mer, des lacs et des rivières

- Lutter contre le gaspillage de l'eau potable

Donc chacun de nous est impliqué personnellement, quotidiennement.

Mais la protection de l'environnement ne s'arrête pas là, car d'autres parts, un certain nombre d'avancée sur le plan de l'écologie sont liées directement à « la demande sociale », exprimée certes par les citoyens, mais réalisée par les pouvoirs publics à condition qu'il ne faut pas des décennies pour qu'elle aboutie.

On pourra citer :
- La reconquête de l'eau souterraine et surtout celles des rivières et des oueds

- La protection des espèces sauvages, surtout celles en voie de disparition

- Le respect de l'environnement dans les aménagements urbains et autres

- La reconnaissance de l'agriculture biologique

- Le problème des nitrates et des pesticides dans les eaux de robinets

- Le danger des métaux lourds dans l'alimentation

- La lutte contre la déforestation

- La préservation des espaces verts

- La lutte contre l'abattage sauvage des arbres dans les villes

- La lutte contre les altérations alimentaires et les maladies liées aux aliments

Le citoyen jouera donc un rôle de plus en plus grand dans le domaine de l'environnement, au point ou il sera gratifié du néologisme « d'éco citoyen ».

Malheureusement, les pratiques environnementales du citoyen du monde sont différentes, selon les contraintes liées au milieu de vie :

- Éducationnelles

- Formatives

- Socioculturelles…

Un des gestes le plus ordinaire à prendre comme exemple, consiste à jeter ses ordures ménagères dans des poubelles destinées à cet effet.

Dans ce geste si simple, il règne une part d'ombre favorisée par la vie urbaine et chacun de nous réagir en fonction de son milieu :

- les uns vont les jeter dans ces poubelles,

- pour les autres ils vont les jeter un peu partout, voir du balcon de leur appartement.

Heureusement que certaines pratiques réalisées par des citoyens plus modestes, contribuent à protéger l'environnement : économie du chauffage, système D,….

Étant donné la complexité des domaines abordés, l'éco-citoyen est nécessairement un citoyen bien informé.

D'où, il ressort toute l'importance de l'éducation à l'environnement qui devra s'intégrer certes peu à peu à l'éducation tout court.

L'éducation est le début de l'écocitoyenneté, car l'étude de l'environnement est un thème très complexe.

Le but essentiel est de faire comprendre toute la problématique, sans nécessairement prendre position.

On ne doit surtout pas confondre éducation et sensibilisation, qui cette dernière est une communication.

Une éducation complète permet de faire comprendre qu'il faut modifier des comportements en expliquant le pourquoi du lien entre le geste et la problématique environnementale.

On pourra dire pour terminer que l'éco citoyen n'est pas un citoyen isolé, il peut ou mieux il doit participer avec les instances de concertation, comme à la vie des associations à tout ce qui se décide pour l'environnement.

Les associations doivent jouer un rôle moteur en ce qui concerne l'information, mais et surtout la formation.

Elles doivent être présentes sur le terrain (reboisement, sensibilisation…), au niveau de l'information audio-visuelle, l'édition de revue….

Les associations jouant un rôle dans la protection de l'environnement ne doivent pas faire beaucoup de bruit, car le bruit est une nuisance, mais se battre pour la sauvegarde d'un environnement sain.
PAR : SALIM DJELOUAT
Source:http://djebel-zouaoui-qacentina.blog4ever.com/blog/lirarticle-240450-1254382.html

jeudi 30 avril 2009

1ére Fête de l'Agriculteur de la Soummam à Tazmalt

Du 29 avril au 1er Mai dernier la première fête de l’agriculteur de la Soummam, au CFPA de Tazmalt.










mardi 28 avril 2009

4e édition du semi-marathon de Béjaïa: le sport au service de l'environnement


La quatrième édition du semi-marathon international de la ville de Béjaïa, prévu pour le 1er mai prochain, promet des surprises au grand public sportif national et aux citoyens de la capitale des Hammadites. Les organisateurs de l’AMCB (Athletic Mediterranean Club de Béjaïa) s’attendent, cette année, à une participation record, notamment étrangère. Ils tablent sur un franc succès de la manifestation qui se taille, petit à petit, la réputation de rendez-vous préparatoire incontournable aux spécialistes de la discipline. Selon les prévisions de l’association organisatrice, le seuil de 4 000 athlètes, toutes catégories confondues, sera allègrement franchi cette fois. Des sportifs venant de plusieurs pays étrangers (Kenya, Maroc, Tunisie, France, Hollande, Djibouti…) ont déjà confirmé leur présence sur la ligne de départ le jour J. On s’attend à accueillir, en tout, une cinquantaine de sprinters internationaux. A l’échelle
nationale, des athlètes issus de 24 wilayas du pays se sont également inscrits à cette grand-messe sportive, et la liste reste toujours ouverte jusqu’au 30 du mois en cours. Les grands noms de l’athlétisme algérien seront de la fête, a annoncé le week-end dernier Fateh Haddad, porte-parole de l’AMCB.
A l’échelon local, des clubs domiciliés dans 34 communes sur les 52 que compte la wilaya se préparent aussi à faire leurs premières armes dans un challenge d’un aussi haut niveau. La wilaya, la mairie, la direction de la jeunesse et des sports, la ligue d’athlétisme, et des sponsors privés ont répondu à l’appel pour subventionner la compétition qui constitue, en elle-même, un grand événement de la vie publique locale. Une large campagne de sensibilisation et de vulgarisation de la compétition a été entamée au mois de mars dernier. Les promoteurs de ce rendez-vous bougiote de la course à pied exploitent toutes les joutes qui s’organisent çà et là pour faire la publicité de cette manifestation en touchant un maximum de clubs et d’organisations sportives aussi bien en Algérie qu’à l’étranger. Même si les gros moyens font encore défaut pour diffuser des spots à la télévision et publier des encarts publicitaires dans la presse spécialisée, les organisateurs ont réalisé un travail remarquable en faisant le meilleur usage des ressources disponibles. Dépliants, affichettes et correspondances écrites comptent parmi les supports utilisés pour gagner la sympathie des participants et celle du public. On compte même éditer, pour cette fois, une revue qui va restituer toutes les péripéties de la manifestation, en insistant sur sa portée profonde. L’encouragement de la pratique sportive, la promotion des potentialités touristiques et culturelles de la région ainsi que la sensibilisation des citoyens aux questions écologiques et environnementales comptent parmi les objectifs essentiels tracés par l’AMCB et ses partenaires institutionnels et privés. Une éthique qui lui a déjà valu la reconnaissance du mouvement sportif local et la satisfaction des participants aux précédentes éditions. L’an dernier, pas moins de 3 505 athlètes (dont 157 femmes) ont animé avec succès la troisième édition. Il y a eu 400 de plus par rapport à l’année précédente. Cet intérêt grandissant laisse entrevoir un avenir meilleur à ce semi-marathon qui s’impose, désormais, comme un événement majeur de la chronique locale. Toute cette dynamique, créée autour de la manifestation, est certainement bénéfique à la relance des vocations (touristique, artisanale et culturelle) de la ville côtière de Béjaïa. Le challenge mérite, à ce titre, toute l’attention des pouvoirs publics et des entrepreneurs de la région. Ils doivent absolument s’impliquer pour accompagner le développement de cette manif sportive qui prend de l’ampleur chaque année.
K.A
Source:www.latribune-online.com/suplements/culturel/15780.html